mardi, août 04, 2009

"Mais comment vous faites pour écrire vos BD, vous?"

"En voilà une question qu'elle est bonne!" comme disait l'autre. C'est en effet une question qu'on nous pose souvent en festival: comment le dessinateur travaille-t-il dans le secret de son atelier? Quels mystères alchimiques président à l'élaboration de son art?...
Et bien, dégonflons cette baudruche-là sans attendre: point de mystère ni autre pierre philosophale en ce qui me concerne. Mes idées me viennent tout le temps, notamment quand je suis affairé à un travail sans rapport aucun avec la BD. La correction des copies de mes élèves notamment est le moment d'une intense créativité (les mauvaises langues diront que c'est pour palier la bêtise abyssale des dites copies, mais ce sont de bien mauvaises langues -- rires) et je couvre des feuilles et des feuilles de recherches et de trouvailles; logos, personnages, expressions et dialogues se mêlent dans un chaos absolu. En voici un exemple ramassé ce matin sur ma table:
Tout me vient en même temps. Les dialogues ont, à ce propos, une importance qu'il faut rappeler. Le plus souvent, une scène naît dans mon esprit avec des mots d'abord; puis viennent les images. Rarement le contraire. Je note. Je biffe. Je rature. Et je laisse reposer. Des jours, des semaines, parfois des années. Ces croquis, ces scènes sont classés dans des cahiers et autres pochettes aux titres évocateurs comme "Azhim", "Brön", "The house of Eerik", "Allan K.", "The Hunk", "Avant de mourir", "exobiologie", etc... Et quand l'envie ou le besoin m'en prennent, j'ouvre et je trie. Je relis. Je fais de nouvelles connections. Récemment, deux pochettes sont entrées en collision : comment avais-je puis ne pas voir que ces deux fragments narratifs et graphiques composaient un tout plus vaste, plus beau ? Mais il faut me ressaisir et je laisse mûrir à nouveau.
Mon processus créatif est donc, vous l'avez deviné, très TRES lent. Trop, sans doute. Mais c'est comme cela que je fonctionne. A passer outre ce processus, je blesse la part de moi qui créé. Et là, « c’est le drame » comme il disent à la télé !

Qui a dit que j'étais compliqué? (sourire et haussement d'épaules)

A demain!

2 commentaires:

Etienne M a dit…

Ça c'est géant! Ce qui m'inquiète, c'est que je crois comprendre... c'est grave docteur? ;-)

Czek a dit…

Vous me reciterez deux Byrne et cinq Mignola, mon fils et vous serez exorcisé! Mouarf!